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L'Amazonie et le peuple Kichwa

Pour nous, immersion en Amazonie signifie difficulté d'accès, de transport, végétation luxuriante, grands espaces, variété infinie d'animaux, d'oiseaux, d'insectes, de plantes et de fleurs, climat chaud et humide, et bien sûr exploration dans la jungle, à coup de tranchage de lianes et autres branches récalcitrantes à la Indiana Jones! 

 

 

" Alors, est-ce ce que nous avons retrouvé lors de ces 3 jours et 3 nuits à Campo Cocha, dans les cabanes de Nanambiiki ?

 

 

En partant de Banos, il nous aura fallu 2 bus, près de 5h30 de route au total et 20 min de marche sous un soleil de plomb avec nos sacs à dos complets pour atteindre les cabanes (et être accueillis par une volontaire canadienne qui s’avérera un compagnon très sympathique tout au long du séjour).

 

Nous passons l'après-midi en compagnie d'Ernesto, un des frères de César notre hôte, qui nous propose de découvrir les alentours à travers une balade mêlant marche et petit tour en canoë tout en nous distillant savamment quelque conseils sur les plantes médicinales rencontrées et autres anecdotes divertissantes.

 

La soirée sera super sympa autour d'un dîner préparé et avalé à 4 avec Katia et Jefferson, notre compagnon guide et cuisinier pour les 2 jours à venir!

 

Jour 1

Après un p'tit déjeuner préparé par Jefferson et Katia et englouti par nos soins, direction le fleuve pour une balade en canoë... à moteur !?!

 

Bon... déception pour le coup, on se voyait déjà ramer le long du Rio Napo...

 

Nous voilà parti sur le Rio Arayuno puis hop, sur le Rio Napo. Les berges n'ont rien d'exceptionnel. Premier arrêt, une réserve d'animaux, recueillis suite à des maltraitances ou abandons. L'objectif de la réserve étant de les relâcher dans la nature quand c'est possible. Nous avons donc pu voir ses habitants : tapir, perroquets, singes, toucan, tigrio (petits pumas)... 

 

Puis nous reprenons le canoë pour trouver une petite plage pour se poser prendre notre repas. Emballé dans une feuille de bananier ;) Jefferson et Katia sont adorables, Jefferson articule bien et on comprend quasiment tout ce qu'il dit. J'ajouterai qu'il fait très bien son métier que dis-je, SES boulots, même si les moments qu'on préfère sont ceux où on est posés tous les 4 aux cabanes comme des copains. 

 

Puis on part dans une famille Kichwa essayer la sarbacane (on a été super forts à notre grand étonnement), et observer et nourrir de jeunes caïmans.

 

Pour terminer, on rend visite à un artisan de poterie qui nous explique le procédé de fabrication de ses produits, à partir de sable et de terre provenant du fleuve. Vraiment intéressant!

Au final, la journée s'est avérée sympa mais trop en mode visite touristique. On aurait préféré ramer dans des petits affluents, y rencontrer les caïmans au cours de la navigation, et pourquoi pas pêcher quelques poissons, un truc plus nature quoi.  

Jour 2

Excursion dans la jungle. Après notre petite déception de la veille, on se dit qu'on va enfin pouvoir s'immerger et vivre une vraie aventure... Heu bah en fait,NON. En réalité nous avons arpenté un  chemin déjà existant, donc pas de  coups de machette pour se frayer un chemin, et n'avons vu aucun animal. C'était une balade  dans les bois, les variétés d'arbres étant simplement différentes. Les explications de Jefferson sur les traditions kichwa et notre imagination auront été notre seul fil rouge d'immersion.  

En fin d'aprèm, direction la rivière pour enfiler nos costumes de chercheur d'or selon la méthode ancestrale utilisée par le peuple kichwa. L'utilisation de la batée (grande assiette conique en bois) n'est pas si évidente mais on a quand même réussi à extraire quelques pépites de 10 carats ! (en réalité simplement de très fines particules de l'ordre du dixième de mm). Au bout de 15 minutes d'essai, on se rend vite compte qu'il s'agit d'un travail franchement épuisant, de par la position et la répétition des gestes. On finira donc cette présentation par une baignade bien plus reposante dans le fleuve.

Voilà pour les sorties. Et bien on peut vous dire tous les 2 que nos meilleurs moments passés auront été ceux de la vie quotidienne, aux cabanes, en compagnie de Katia et Jefferson.

 

On y a vu des petits singes en liberté, entendu pleins de bruits d'oiseau, de grenouille et d'insectes, et vivaient parmi nous, une famille de poule et ses poussins, et Pito le chien. On était en mode détendu, paisible, et on était les 2 seuls touristes donc on se sentait un peu comme chez nous !

 

 

Et puis notre rencontre avec Jefferson et Katia. D'abord Il faut savoir que César était occupé car il était en pleine période de vente des grosses bananes appelées "platanos". Elles sont produites par toute la communauté Kichwa et César s'occupe de la vente pour tout le monde. Il a donc laissé Jefferson et Katia, 2 jeunes de 22 ans,  s'occuper de nous les 2 premiers soirs. Et ils ont donné le meilleur d'eux même pour qu'on passe un bon moment. Comme on le disait plus tôt, Katia est une volontaire Canadienne venue travailler aux cabanes de Nanambiiki, et Jefferson, lui est en enfant de la communauté Kichwa. Il connaît donc parfaitement les us et coutumes de ses ancêtres et nous a beaucoup appris sur sa communauté. Du coup, entre jeunes, on a vite sympathisé et Jérôme et moi avons tout de suite pris part à la préparation des repas, la vaisselle etc... Tout en discutant avec nos amis. On avait demandé à Katia de nous parler en espagnol et ces 3 jours en Amazonie ont été pour nous aussi un petit stage intensif d'espagnol. On a senti qu'on avait bien progressé dans la langue ;). C'était une super rencontre et on les remercie de leur super accueil sans chichis et on ne les oubliera pas.

Le deuxième soir, César s'est enfin montré. Il est plutôt sympa et aime beaucoup parler de sa communauté et de son engagement envers les siens, et de la nature. Ce soir-là, nous fabriquerons du chocolat avec lui, à partir des graines de cacao. C'était vraiment top, surtout qu'on se gave de chocolat en France depuis qu'on est tout petit, c'est génial de voir et de préparer notre propre chocolat. Par contre, le 100% cacao, même avec moitié de sucre glace, ça reste encore très fort et amer, et ça dégage un goût faisant penser au café.

Le troisième soir, veille de notre départ, est arrivée une famille de français. César et sa copine ont mis les p'tits plats dans les grands, poisson grillé pour tout le monde, et.... larve de bananier. Beurk ! Seul Jérôme aura eu le cran d'en aspirer tout le contenu . J'avais déjà pas pu avaler les insectes grillés offert gentiment par mes sœurs lors de notre dernière fête de famille, alors ça, même pas en rêve !!!


Voilà notre "presque" immersion en Amazonie. Comme nous sommes un peu déçus et qu'on a trouvé un vrai décalage par rapport à ce qu'on a lu dans les autres blogs, on a décidé de vous faire part de ce qu'on a apprécié et ce qu'on a moins apprécié :

LES PLUS


  • Instructif
  • Belle rencontre avec Jefferson et Katia,
  • La flore et un peu la faune quand même
  • Fabriquer du chocolat

LES MOINS


  • Excursion dans la jungle qui n'en est pas une,
  • L'arrivée de César qui a quand même cassé l'ambiance de par sa volonté de faire " à sa manière" au citron près.
  • Nous n'avons pas vécu cette expérience comme une immersion et ces 3 jours n'ont pas répondu aux attentes citées en début d'article.


Petite anecdote qui nous a ramené à la réalité quand à notre condition de "pompe à fric" :

 

Pour le retour, César nous a gentiment proposé de nous emmener à Tena puisqu'il y allait, sans qu'on lui demande rien. On se dit cool, c'est sympa ça nous évitera d'attendre  le bus. Mais une fois arrivés, il nous demande de payer 5 dollars pour 2 ce qu'on avait pris comme un service. Alors que le bus nous aurait coûté  moins de 4 dollars pour 2. Donc ceux qui souhaitent se rendre aux cabanes, pensez bien que rendre service aux touristes ne semble pas se faire gratuitement dans leur esprit.


  • Accès au village de Campo Cocha : Depuis Banos : au terminal de Banos, nous avons pris un bus direction Tena, de la compagnie "Expresso Banos", 6 USD/pers, trajet de 3h. Puis de Tena à Campo Cocha nous avons pris un autre bus de la compagnie "Centinela", 1.90 USD/pers, trajet d'1h30. Arrivés à Campo Cocha, nous avons pris l'unique sentier qui mène vers la rivière pour accéder aux cabanes de Nanambiiki.
  • Séjour de 2 jours/3 nuits : 120 USD/pers + 40 USD de supplément pour le canoë car nous n'étions que 2 (et oui...)
  • Retour à Tena : 5 USD de taxi proposé par César

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Commentaires: 5
  • #1

    Sand (dimanche, 05 août 2018 01:29)

    Je lis chaque article et dévore les photos, continuez comme ça! Hâte de lire le prochain !!! Hi

  • #2

    Bitume et cacahuètes (mardi, 07 août 2018 01:05)

    Merci Sand ! On est content que tu nous suives et que tu trouves nos articles passionnants ! Ça nous motive à raconter la suite !

  • #3

    Laura (jeudi, 16 août 2018 00:34)

    Vous êtes rayonnants! C'est dommage que l'excursion ne se soit pas déroulée comme prévu mais vous avez l'air de vous créer de beaux souvenirs tout de même... <3

  • #4

    Guillaume (mercredi, 22 août 2018 12:06)

    Comme quoi même dans les endroits reculés l'aspect touristique est toujours bien présent...
    Ça reste quand-même une belle expérience, merci pour votre récit toujours aussi agréable à lire :-)

  • #5

    Bitume et cacahuètes (mercredi, 29 août 2018 02:47)

    Salut Laura et Guillaume ! Oui vous avez raison, malgré l'aspect touristique c'est quand même une bonne expérience qu'on est pas prêts d'oublier !!